chemin faisant (268)

J'ai rencontré des fées et des sorcières grises

Aux charmes sans effet que mon mépris dégrise.

J'ai vu un enchanteur, un druide au blanc manteau,

Un vieux barde chanteur aux chants monumentaux,

Qui de sa voix de cuivre, aux accents rocailleux

Savait charmer la Vouivre et son corps écailleux.

 

Puis ma voie a dévié vers la vieille cité

Au dieu Lug dédiée depuis l'antiquité.

Du Lugo aquitain au Lugo galicien

Depuis trente matins je suis des magiciens

Qui de leurs longues mains ont planté les jalons

Indiquant le chemin vers l'île d'Avalon.

 

Ces lourdes murailles faites de noirs galets

Ces tours de rocaille et ces sombres palais

Protégeaient les romains des traits de la bataille,

Comme un enclos commun où gémit le bétail,

Mais ils ne pouvaient rien contre les anathèmes

D'un peuple très ancien que Lug et Danna aiment.

 

Aujourd'hui ces remparts abritent des boutiques

Des banques et des bars, une église gothique.

Mais lorsque vient le soir la capitale ibère,

Retrouve dans le noir les esprits que libèrent,

Des femmes revêtues d'une belle insolence

,Dont les chapeaux pointus me narguent en silence.